commentcest

28 septembre 2014

présences

Publié par commentcest dans publications

On en apprend plus sur l’Homme au cœur d’une jungle ou au cœur d’un désert qu’en faisant cent fois le tour de la terre.

Face à soi-même, on est empli des autres, des Absents.

Par leur Absence, ils sont dépouillés de leurs corps déchéants, de leur parole décatie. Nous accédons enfin à leur esprit.

Au cœur de ces deux lieux vierges d’humanité, brutaux et doux à la fois, nous comprenons que l’essence de l’Homme est son indispensable et vitale nécessité de rêver.

28 septembre 2014

quel seau!

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Chevauchant mon petit seau de bois, à petits bonds, sur le trottoir vernis de verglas, d’une main leste armée d’un sabre je tranche le cou aux mauvaises têtes en criant « l’hiver est heureux !».

Je tranche dans les vitrines des lamelles qui s’enroulent jusqu’au sol en criant « respirez l’air frais ! »

Je fais du croc-en-jambe aux gens qui patinent, accrochés à un poteau, et tranche le poteau pour  que plus personne ne puisse s’y raccrocher.

Tout le monde glisse et moi je sautille, je tranche, je combats, car, si je ne combat pas l’hiver, c’est lui qui combattra.

 

28 septembre 2014

la statue

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Bouquet de flemmardises sur canapé futon

Un zeste de mouvement de paupières

Quelques poignées d’une profonde respiration épicée de tabac blond

Remuer les bras jusqu’à ce qu’ils se figent le long du corps

Me voilà prêt pour une heure de dégustation du plafond.

28 septembre 2014

un chef d’oeuvre

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J’ai encadré une toile.

Une toile d’araignée avec l’araignée.

Ça me fait un tableau vivant. Un vrai chef d’œuvre.

Il faut la voir tapie dans son coin attendant sa proie.

Il faut la voir trotter jusqu’à la mouche qui s’est prise au piège.

Il faut surtout la voir sortir du cadre pour partir à l’aventure. Elle n’a peur de rien. Elle s’immisce dans les fissures les plus obscures. Aucun danger ne l’arrête.

Parce qu’elle sait que son cadre l’attend avec sa toile moelleuse.

28 septembre 2014

le regard

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Tous les jours je me refaisais la face.

Je la malaxais, la triturais, la modelais selon les affres du jour, selon le tableau que dessinait le quotidien.

Jour beau, face belle.

Jour affreux, face affreuse.

Un jour que le temps était à l’horrible, je me suis malaxé une face adéquate.

Mais, quand je l’ai amenée devant le miroir j’ai poussé un cri d’horreur. C’en était trop. C’était insupportable.

J’ai donc décidé de me refaire une face belle quoi qu’il en soit.

Et quand je me suis cadré dans le tableau du quotidien tout autour de moi s’est mit à changer. Le noir obscur devint éclatant. Les monstres se muèrent en gargouilles. Les choses abstraites et angoissantes devinrent des questions.

Depuis, c’est mon regard que je triture.

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