commentcest

28 septembre 2014

la harde

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Une harde de doigts est venue hier pendant que je dormais

Elle est venue de partout juste pour m’ouvrir toutes les paupières

Elle m’a caressé un peu dans le sens des yeux pour m’amadouer

Les index pointaient vers ma bouche en riant car je n’arrivais pas à prononcer un mot

Les pouces attendaient comme ça en ne faisant rien d’autre que de se tendre un peu

Quant aux auriculaires ils me bouchaient les oreilles pour que je n’entende pas le cri des majeurs

Et puis tous ces doigts-là qui ornaient un anneau et bien trop prétentieux pour me dire leur nom

 

Mais ce qui m’a fait peur ce n’est pas du tout ça

C’est que parmi les doigts il y avait toutes mes mains

Qui enlevaient un par un tous les auriculaires

Et je me suis retrouvé

Avec des doigts plein les mains.

 

28 septembre 2014

le lien

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J’entends la tempête faire claquer les volets

Heureusement que moi je n’en ai pas des comme ça

Ça claquerait tout le temps Ça ferait un de ces boucans

Je ne m’entendrai même plus crier comme il se doit

Quand j’essaie d’exprimer tout ce que j’ai en moi

 

Un éclair qui m’aveugle et là je réalise

Que je ne voyais pas la mécanique du monde

Blanc et noir se succèdent et se fondent

Dans un même mouvement ne se distinguant pas

Puisque tout est lié c’est le mouvement qui compte.

28 septembre 2014

depuis que les hommes dansent

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Depuis que les hommes dansent pour attirer les femmes

Leurs poings sont plus légers ils peuvent ouvrir les mains

Ils ont posé les armes et dansent les pieds nus

Sous la poussée de leurs pas la terre tourne mieux qu’avant

Forêts et villes se confondent

Et les oiseaux viennent chanter sous leurs toits

 

Depuis que l’homme danse pour attirer la femme

Il construit des maisons rien que pour l’attirer

Et parmi les branchages les oiseaux et les meubles

Elle dépose parfois quelque chose qui lui plait

Qu’elle ramène de chez elle

De ce lointain pays où il n’y a plus d’hommes

Qui avait une frontière mais qu’elle a effacé

 

Depuis que l’homme danse pour attirer la femme

Il ne sait plus que dire quand il l’aperçoit nue

Elle lui fait une caresse placée comme il se doit

Il la ramène vers lui de toute sa maladresse

Elle lui lâche le sexe et repart aussitôt

Pour regarder comment il va danser maintenant

 

Depuis que l’homme danse pour attirer la femme

Il s’efforce de souffler sur les braises du foyer

Pour raviver l’incongru et embrouiller les objets

Qui ne font que lui dire que tout est bien banal.

28 septembre 2014

comme ses lèvres

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Celle qui m’accompagnait

Est partie cette nuit

Pour des rêves plus larges

Que ceux que je lui offre

Tout près de moi si loin

Allongée sur le lit

Elle traîne dans les parages

Que ses paupières lui offrent

 

Et ce cinglant silence que la nuit nous procure

Fait tomber les barrages et nos rêves se mélangent

Celle qui m’accompagnait à draps ouverts

Est partie si loin que je la touche des lèvres.

 

28 septembre 2014

la loge

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Quand les choses vont trop vite

Quand le temps ne passe pas

Quand l’être remplit tous les coins de sa loge

Ça surpasse les manèges que l’on fait dans les foires

Il y a de la splendeur dans ces moments d’attente

Un fauteuil suffit à nous tailler une scène

Et le spectacle s’ouvre à grands coups de cymbales

Le bruit nous surprend tellement il n’y a rien

Et ce rien nous détend tellement il est dansant

Toute une troupe est là qui s’enlace pour une valse

A petits pas comptés ça tangue vers le plafond

Parce qu’il n’y a pas de publique on marche comme on veut

Quand on a que l’ennui pour habiller l’horloge.

28 septembre 2014

comment ça vient

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Quand

Petite et menue tu m’emmène très loin

Dans ta force je retrouve les mécaniques de

Comment ça marche les souvenirs

 

Ça pousse Ça grince

Ça pousse des cris

Ça marche comme ça peut car le temps joue contre eux

Le petit grain de sable se retrouve en montagne

L’univers tout entier se résume en un mot

Le coin d’une rue devient d’un coup l’horizon

La grande cathédrale est le temple d’une seule femme

L’obscure est enfin lumineux

Tout un pays se rassemble en un être

Les mains nous parlent et la bouche nous touche

Quand après la pluie ne vient pas le beau temps

La brume éclaire le fin fond de nos yeux

 

Ça marche comme ça pousse car les yeux ne voient pas

Le présent comme il faut Le passé comme il va.

 

28 septembre 2014

mes paupières lèvent le jour

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Tu insistes encore pour fabriquer quelque chose

Les paupières sont tirées mais tu es toujours là

Tu racontes un immeuble et tout un peuple couchés

Et  tout au bout un vide où la mer s’arrêtera

Des navires où les hommes ont la tête coupée

Une grotte où l’homme n’est jamais passé

Des comètes arrêtées dans leur course par ta voix

Des enfants immenses qui jouent toujours à la guerre

Et mon corps qui traîne comme un tapis à terre

La lune est bien belle quand tu la lèches pour moi

Et les oiseaux commencent à fabriquer quelque chose

Dans mes oreilles surprises puisque tu n’es plus là

Quand allongé j’entretiens ma position dans le lit

Comme tous les petits matins

Mes paupières lèvent le jour.

 

 

28 septembre 2014

les battants

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Tu pars comme je rentre

Et

Dans le chambranle de la porte nous croisons nos fers

La colère nous monte et les boulets nous traînent

Il ne manquerait plus que nous soyons tranquilles

Nos affronts ne sont plus aussi tendres qu’avant

Quand nous étions si tendres que nous étions plein de marques

Le temps a durci même le bout de nos poings

Et il faut voir maintenant comment ça cogne  ici

Il n’y a pas que les murs pour y laisser des traces

Il y a aussi les replis et les rides de nos faces

Où nous marquons peines et cauchemars

Tendant le bras pour mieux en atteindre le fond

Tendant la jambe aussi pour atteindre leur fard

Il n’y a rien qui reste quand nous nous battons

Quand tu rentres en moi par des faits de violence

Tu m’arraches le palais sans laisser de répit

Et il faut toute une nuit pour me débarrasser de toi

Jusqu’à ce que le réveil gagne enfin la partie

Et laisse sur l’oreiller des traces de nos peaux

Que je pourrai lire quand l’aube sera levée

Et une fois dressé je partirai comme tu rentres.

 

28 septembre 2014

vieilles peaux

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La langue prend encore une fois toute la place et ne laisse plus respirer personne

Le palais est trop encombré et trop riche Il faut retirer quelque chose

J’enlève d’abord mes outils d’abordage qui me servent à sculpter

Je retire les totems que mes ancêtres ont laissés

Je pousse les meubles par la fenêtre et les écoute s’écraser

Je casse tous les articles et bibelots poussiéreux

Je colle débris et poussières contre les meubles à l’abri de la lumière

Je fais le tour du palais pour voir si tout ça a du sens

La langue me tourne autour pour voir si tout ça a du goût

Elle me sort par la bouche et commence à parler

Ça fait longtemps que j’attends d’être neuve et bien nue

Je vais pouvoir enfin commencer ma mue

Je vais pouvoir te dire que

J’écris pour re-muer

Car muer c’est

Se débarrasser de vieilles peaux.

 

28 septembre 2014

un dans chaque pore

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Lové comme un chat au creux d’une chaise, j’arrache avec mes dents une à une mes écailles, ces mille et une brisures d’histoires qui me servent de carapace.  C’est un travail infini. J’en arrache une : toujours une autre en-dessous.

N’arriverai-je  jamais à atteindre cette peau nue qui n’attend que moi pour respirer de l’air neuf?

Atteindre l’épiderme, les pores qui transpirent quelque chose comme un être pur et sain, naïf et innocent, débarrassé enfin des fioritures du monde et de son monde, qui, à la fois se confondent, à la fois s’affrontent vers la destruction.

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