commentcest

9 octobre 2014

curriculum vitae

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il n’y a pas qu’une vie pour ceux qui n’ont pas eu d’enfance

tes mains ouvrières auraient dû savoir

que quand on détruit quelque chose

ça ne fait que se multiplier

 

au début ça s’éparpille un peu

on ne sait pas rattraper

les mains ramènent tandis que les pieds marchent

ça n’aide pas vraiment pour être naturel

 

mais tout finit par se ramasser

à grands coups de langue on ravale tout

on s’en fait des histoires pour habiller ses doigts

et apprendre enfin comment ça marche les caresses.

 

6 octobre 2014

du calme enfin

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je t’ai toujours détesté

mais il n’y a pas de haine là-dedans

tu vois bien comme je suis calme

couché

grâce à toi

certains m’ont ramassé à la petite cuillère

et d’autres m’ont mangé à la louche

et quand ils m’ont conchié par la bouche

je suis devenu un être de papier

libre et détaché

qui peut te dire enfin :

ce que tu as fait de mieux dans ta vie, c’est mourir.

4 octobre 2014

au front

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Tu pars comme je rentre

Et

Dans le chambranle de la porte nous croisons nos fers

La colère nous monte et les boulets nous traînent

Il ne manquerait plus que nous soyons tranquilles

Nos affronts ne sont plus aussi tendres qu’avant

Quand nous étions si tendres que nous étions plein de marques

Le temps a durci même le bout de nos poings

Et il faut voir maintenant comment ça cogne  ici

Il n’y a pas que les murs pour y laisser des traces

Il y a aussi les replis et les rides de nos faces

Où nous marquons peines et cauchemars

Tendant le bras pour mieux en atteindre le fond

Tendant la jambe aussi pour atteindre leur fard

Il n’y a rien qui reste quand nous nous battons

Quand tu rentres en moi par des faits de violence

Tu m’arraches le palais sans laisser de répit

Et il faut toute une nuit pour me débarrasser de toi

Jusqu’à ce que le réveil gagne enfin la partie

Et laisse sur l’oreiller des traces de nos peaux

Que je pourrai lire quand l’aube sera levée

Et une fois dressé je partirai comme tu rentres.

4 octobre 2014

peaux

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Je voudrais que tu viennes avec toutes tes mains

Me montrer comment ça marche les caresses

Car je suis seul dans mon antre de reptile

Et je ne sais que faire de cette peau qui s’effrite

Je devine tes doigts qui tricotent mes pelures

Annonçant quelque chose qui résonne comme des mots

Je tirerai sur le fil pour t’aider un peu

Tu rhabilleras mes rêves abrupts comme la pluie

Grâce à ta langue habile nous ne serons pas mouillés

Car tu fabriques un toit pour me laisser aller

Vers quelque chose comme la chair que ta glotte fait naître

J’attends que tu attendes de me voir reparaître

Avec ma nouvelle peau qui te ressemble tant

Et quand tes mains pleuvront sur mon corps mué

Il sera bien temps de te laisser parler.

2 octobre 2014

la loge

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Quand les choses vont trop vite

Quand le temps ne passe pas

Quand l’être remplit tous les coins de sa loge

Ça surpasse les manèges que l’on fait dans les foires

Il y a de la splendeur dans ces moments d’attente

Un fauteuil suffit à nous tailler une scène

Et le spectacle s’ouvre à grands coups de cymbales

Le bruit nous surprend tellement il n’y a rien

Et ce rien nous détend tellement il est dansant

Toute une troupe est là qui s’enlace pour une valse

A petits pas comptés ça tangue vers le plafond

Parce qu’il n’y a pas de publique on marche comme on veut

Quand on a que l’ennui pour habiller l’horloge.

28 septembre 2014

trop!

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Tout d’un coup ce matin mes filles étaient si belles

C’était à n’y pas croire, à n’y plus rien comprendre

Non pas que d’habitude elles ne le soient pas

Mais là c’était trop Il y a des limites à tout

 

J’ai dû ouvrir la fenêtre pour respirer un peu

Et là je me rends compte qu’elle est magnifique

Un bois exceptionnel Vraiment époustouflant

D’un arbre d’au moins mille ans si ce n’est un peu plus

 

Je me suis servi un verre d’eau pour calmer mon émoi

Et quand j’ai vu le verre j’ai failli m’étrangler

Un verre de première main soufflé à la bouche

Par un homme sans doute qui est plus qu’un artiste

 

J’ai dû prendre une serviette pour essuyer ma bouche

Et les bras m’en tombèrent quand je vis ce chef d’œuvre

Ce n’était plus une serviette c’était de l’Art Total

Un résumé du monde en trois coups d’aiguille

 

Je la déposai sur la table et quand je vis celle-ci

Je ne peux pas vous dire l’émotion qui me prit

Je versai une larme de la voir si splendide

Mais toujours à quatre pattes pour pouvoir me servir

 

En essuyant la larme que j’avais fait tomber

Je me rendis compte d’un coup comme le carrelage était

Quelque chose d’hors-norme qu’on ne devrait pas faire

Et je pris la décision de ne plus marcher dessus

 

Je sortis de la cuisine pour aller n’importe où

Une fois dans le couloir je fus bien perdu

Tout était si beau que c’en était impossible

J’arrivai même à marcher c’est pour vous dire un peu

 

Je suis resté comme ça dans le couloir sans jamais bouger

Quand celle qui m’accompagne est rentrée du travail

Je lui ai tout raconté sur les beautés du monde

Elle m’a prise dans ces bras puis m’a aidé à marcher

Un peu jusqu’au lit puis beaucoup allongé

 

Elle m’a parlé beaucoup de quelque chose  de très simple

De je ne sais plus quoi Sa voix était trop belle

C’était quelque chose d’inhumain tellement profond et tout ça

Elle m’a tellement comblé que je me suis endormi.

 

Et le lendemain au réveil tout était si beau

Que celle qui m’accompagne est restée avec moi

Juste pour profiter de toutes ces choses incroyables

Et m’aider aussi à marcher comme il faut.

 

28 septembre 2014

depuis que je fais tout

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Maintenant, au lieu d’acheter un livre

Je l’écris moi-même

C’est plus facile quand on y pense

Au moins on sait ce qu’on veut lire

 

Mais je ne parle jamais de moi

Ça c’est bon pour les riches

Je veux dire ceux qui ont un grand intérieur

Avec plein d’idées sur eux et des choses du genre

 

Pour ma maison c’est pareil

J’ai tout fait moi-même

Des racines jusqu’à la tête

J’ai même fabriqué la pierre

Ça m’a pris des siècles mais il fallait le faire

Quand je parle de racines je me trompe

Je parle bien sûr de fondations

De quelque chose de bien solide

Qui ne bougera jamais plus

 

Pour mon bureau en bois c’est pareil

J’ai planté un arbre dans mon jardin

J’ai attendu des siècles pour qu’il soit bien dur

Mais maintenant qu’il est coupé et assemblé en bureau

Je suis fier d’avoir fait tout ça

Car c’est un meuble bien solide

Qui ne bougera jamais plus

 

Et maintenant, au lieu d’acheter un stylo

Je le fabrique moi-même

C’est plus facile quand on y pense

Au moins on sait ce qu’on veut en faire.

 

28 septembre 2014

jalousie

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Les mains qui trainent c’est quand même gênant si on n’y fait rien

Moi, quand j’en vois une sur un corps, je la ramasse et la range un peu

En essayant toujours d’en avoir une en réserve pour la mettre avec elle

Car les mains c’est comme les Hommes ça va quand même mieux quand ils vont par deux

Quand ils sont tous seuls ils ne font rien d’autre que d’aller n’importe où

 

Les mains qui trainent c’est quand même gênant si on n’y voit rien

On se demande tout le temps à qui elles appartiennent et qu’est-ce qu’elles font là

Moi quand j’en sens une je l’attrape tout de suite et la mets dans ma poche

Les mains c’est comme les hommes quand on ne les voit pas elles font n’importe quoi

Ils font tout ce qu’ils ne font pas quand il y a au moins un œil

 

Les mains qui trainent c’est quand même gênant quand on n’en a pas

On a envie de les prendre, de les faire bouger, de les mettre partout

Où on ne met pas les nôtres qui restent à leur place juste par politesse

 

Les mains qui trainent c’est quand même gênant ça rend un peu jaloux.

 

28 septembre 2014

la tache

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Il était moitié mort qu’il écrivait encore

La bouche déjà ouverte pour mieux bouffer la terre

Qu’il avait parcourue dans sa totalité

En rasant de près les volcans et les ânes

Il savait tant de choses qu’il en avait partout

Sur le corps dans la tête et surtout plein les mains

Il ébroua son stylo

Pour tout écrire d’un seul coup

Et ne laissa qu’une tache qui s’étala lentement

Quand elle devint très ronde il repensa à tout

Et tous ces petits détails qu’il n’avait pas compris

Il laissa tout ça comme ça juste le temps de mourir

Quand ses enfants virent ça

Ils ne comprirent pas tout ce que ça voulait dire

Mais à force de tourner autour du petit rond

Ils se rassemblèrent tous pour mieux y réfléchir

Et se mirent à tourner et à tourner encore

Leurs langues dans leurs bouches pour mille et une raisons

Et des années plus tard ils se mirent à écrire

Chacun un livre pour tous avec cent mille raisons

Pour prendre en compte tous les détails du monde

Même avec une tache très ronde sur un bout de papier.

28 septembre 2014

les fenêtres

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Si jamais tu entres en passant par la porte

N’oublie pas quand même que j’ai fait plein de fenêtres

Il y en a une rien que pour entrer

Il y en a une autre juste pour sortir

 

Celle que tu vois là me sert pour crier

J’en ai fait une autre rien que pour parler

Celle qu’il y a au fond sert à voir dehors

Et celle à coté c’est pour voir dedans

 

La petite me sert à voir tout le monde

La plus grande là ne sert qu’à te voir

Si tu ouvres celle-là tu auras de l’air frais

Dans l’autre à coté il y a le soleil

 

Il m’en reste encore beaucoup à percer

Comme une pour mieux voir les enfants jouer

Une aussi pour regarder le passé

 

Et il y en a une qu’il faut que je perce

Mais je ne sais pas où bien la placer

Puisque c’est quelqu’un qui l’ouvrira pour nous

C’est celle qui donnera directement sur la fin.

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